Retour sur la Manif de Bruit du Nouvel An 2018

Le 31 décembre 2018, à la veille du Nouvel An, environ 150 personnes se sont rassemblées près du métro Henri-Bourassa sur l’île de soi-disant Montréal (Tio’tia:ke) afin de prendre 3 autobus jusqu’à Laval, Qc. Chaque année depuis 2014, et de manière sporadique pendant les années précédant 2014, nous nous rassemblons devant les prisons de Laval afin d’allumer des feux d’artifices, souhaiter une joyeuse nouvelle année aux gens à l’intérieur des murs, et montrer notre opposition aux prisons, aux frontières, ainsi qu’aux industries et aux gouvernements qui les nourissent.

Après une brève balade d’autobus, nous sommes débarqué.es au lieu de manifestation, notre premier arrêt étant le Centre fédéral de formation (sécurité minimale), situé au 600 Montée St-François. Étendu aux abords de la Montée St-François, avec une simple clôture séparant les unités d’habitation de la route, le Centre fédéral de formation (sécurité minimale) est le seul arrêt sur notre route où nous pouvons apercevoir le visage des gens aux travers des fenêtres. Cette année ne fût pas exception. Des dizaines de personnes nous saluaient de la fenêtre de leurs cellules et gueulaient de joie avec nous à la vue des feux d’artifices, alors que de la musique jouait et que nous scandions nos voeux de Bonne année. Une bannière exprimant “Happy New Year! Free all prisoners!” (Joyeuse année ! Libérons tout.es les prisonnièr.es !) était brandie, alors que nous chantions “Pour une monde sans patrons, ni flics, ni prisons!”

Notre second arrêt était à Leclerc, une prison provinciale pour femmes. Cette année, nous avons été capables de nous rendre plus près de la barrière que l’an dernier et, après avoir lancé des feux d’artifices et monté le volume de la musique, nous avons pu apercevoir des lumières clignotées à répétition dans certaines fenêtres de la prison! Cette prison se situe en retrait de la route et nous étions excité.es de savoir que les gens à l’intérieur pouvaient nous entendre et nous voir. Leclerc a été fréquemment dénoncé dans le passé pour avoir des conditions de vie exécrables, dont tout récemment en décembre 2018 par une coalition de groupes au Québec. Les cellules sont si froides que les prisonnièr.es doivent dormir avec leur manteau et l’eau y est inbuvable. Bien que nous ne ferions pas de compromis pour des prisons plus “humaines” dans notre lutte pour un monde meilleur, on pense quand même que c’est horrible pour les détenu.es d’être soumis.es à des conditions de vie aussi dégueux!

Nous nous sommes ensuite arrêtés sur le site de construction de la nouvelle prison pour migrant.es. Nous avons pointé le chantier à la foule et avons informé celle-ci des plans de la nouvelle prison. Supervisé par des firmes d’architecture et d’ingénierie Lemay et Groupe A, le nouveau centre de détention pour migrant.e.s fait partie du plan gouvernemental de reserrer les politiques sur l’immigration et d’alimenter la machine de déportation. Le gouvernement prétend que le nouveau bâtiment aura un intérieur en bois chaleureux et sera conçu pour «ne pas se sentir comme une prison» malgré les plans incluant autant de caméras de sécurité et de clôtures qu’on pourrait s’y attendre. Nous pensons que ces projets sont tous de la foutaise et nous nous attendons à ce que la nouvelle prison soit identique aux prisons régionales pour femmes construites dans les années 90 et 2000. Autrement dit, une prison avec des unités de haute sécurité, des caméras partout et aucun budget pour la programmation à cause que les coûts de sécurité seront trop élévés. Bien évidemment, tout cela si nous ne parvenons pas d’abord à arrêter la construction!

Ensuite, nous avons emprunté la route qui mène à la prison pour migrant.e. présentement utilisée. Nous avons lancé des feux d’artifices et crié notre soutien aux gens (y compris les enfants!) à l’intérieur. Des tambours dans la foule ont su créé une ambiance festive. Les personnes ayant pris parole au mégaphone nous ont rappelé la grève de la faim menée en septembre dernier contre le plan du gouvernement intitulé «alternatives à la détention». Ce plan comprend la mise en place d’un programme de surveillance électronique et la sous-traitance de la Société John Howard et de l’Armée du Salut afin de créer des programmes de type de “parole” pour les migrant.es. Nous pensons que tout cela est un moyen de contrôler et de surveiller les migrant.es d’avantage, alors que ceuzes-ci sont souvent en train de fuir des situations de violence que le gouvernement Canadien a aidé à créer à la base. Honte à la Société John Howard et l’Armée du Salut d’avoir pris ces contrats ! Et fuck les plans du gouvernement d’augmenter les déportations de 30% dans les prochaines années. Pour un monde sans frontières et sans prisons !

Notre cinquième arrêt était devant le Centre fédéral de formation (niveaux mixtes). Cette prison a une cloison ainsi que deux clôtures qui l’entourent. Alors, il est toujours difficile pour nous de nous approcher, ainsi que de savoir si le monde à l’intérieur peut nous voir ou nous entendre. Malgré cela, nous avons allumé des feux d’artifice et nous avons crié nos meilleurs vœux aux personnes à l’intérieure de cette prison. Notre système de son est devenu à plat à ce moment, alors nous n’avons pas pu lire une déclaration de notre camarade Cedar, qui est en prison en Ontario, parce que nous n’avions pas la puissance de voix pour le faire sans le système de son. Solidarité à Cedar et à tout.es celleux qui ont dû passer les fêtes derrière les barreaux ! Nous pensons à vous et nous luttons afin que personne ne doive jamais passer la veille du Nouvel An en prison !

En dernier lieu, nous sommes repassé.es devant le Centre fédéral de formation (sécurité minimale) afin de dire nos au revoir. À notre deuxième arrêt devant cette prison, quelques personnes sont sorties des unités d’habitation pour venir dans la cour, en bravant le froid pour nous envoyer la main et nous saluer. Un fuck you bien ressenti à tout.es les policier.es qui ont insisté à se tenir près de la clôture, entre euzes et nous. Quelques personnes dans la foule ont chanté la Chanson de l’hélicopter et ont essayé d’apprendre aux autres de nouvelles paroles sur l’air de We R Who We R de Ke$ha. Nous avons alors lancé nos derniers feux d’artifices, puis nous nous sommes déplacé.es vers les autobus.

Cette tradition de la manif de bruit du Nouvel An nous tient à coeur! Nous voulons remercier toutes les personnes qui sont venues. Nous étions excité.es par le nombre de gens qui se sont pointés la bette cette année! Solidarité avec tout.es les détenu.es qui combattent le système de l’intérieur des murs!

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Report-Back from the 2018 New Years Eve Noise Demo

On New Years Eve 2018, a crowd of around 150 people gathered near Henri Bourassa Metro on the island of Montreal to take three school busses out to Laval, Quebec. Every year since 2014, and intermittently in the years prior to 2014, people gather outside prisons in the Montreal area to set off fireworks, wish people in prison a Happy New Year, and show our opposition to prisons, borders, and the industries and governments that sustain them.

After a brief bus ride, we stood together outside our first stop, the Federal Training Centre’s Minimum Security prison at 600 rue Montée Saint-Francois. Stretched out along Montée Saint-Francois with nothing but a regular chain link fence separating the living units from the road, the Federal Training Centre Minimum is the only stop on our route where we can see people’s faces in the windows. This year was no exception. Dozens of people stood in their cell windows waving and shouting back to us as we set off fireworks, played music, and yelled greetings. We showed off our banner, which read “Happy New Year! Free all prisoners!” and chanted “Pour une monde sans patrons, ni flics, ni prisons!” (For a world without bosses, cops, or prisons).

Our second stop was at Leclerc, a provincial prison for women. This year we were able to get closer to the gates than last year and after setting off fireworks and blasting music, we noticed lights flickering on and off in the windows of the prison! This prison is set far back from the road and we were excited to know that people inside could hear us and see us. Leclerc has been denounced over the years for having horrendous conditions, most recently in early December 2018 by a coalition of groups in Quebec. The cells are so cold that prisoners have to sleep with their coats on and the water is undrinkable. While we wouldn’t settle for nicer prisons in our fight for a better world, we think it’s horrible that prisoners in Leclerc have to deal with such shitty conditions!

Next we stopped at the construction site for the new migrant prison that is currently being built. We pointed out the construction site to the crowd and filled them in on the plans for the new prison. Overseen by architecture and engineering firms Lemay and Groupe A, the new migrant prison is part of a government overhaul to spiff up the deportation machine. The government claims the new building will have a warm wood interior and be designed to “not feel like a prison” despite plans for just as many security cameras and fences as one would expect. We think these plans are all bullshit and fully expect the new prison to turn out the same as the regional federal prisons for women built in the 90s and 00s with high security units, cameras everywhere, and no budget left for programming because the security costs ran so high. That is, if we don’t manage to stop the construction first!

Then we walked up the road to the migrant prison that is currently in operation. We set off fireworks and shouted to folks (including the kids!) inside. Some drummers in the crowd kept a good beat going. The MC’s reminded us of the hunger strike against the government’s “alternatives to detention” plan that imprisoned migrants in Ontario carried out in September of this year. This plan includes introducing an electronic monitoring program and contracting the John Howard Society and the Salvation Army to create “parole-type” programs for migrants. We think it’s all a way to control and monitor more and more migrants who come to this country, who are often fleeing situations of violence that Canadian imperialism helped create. Shame on the John Howard Society and the Salvation Army for taking these contracts! And fuck the government’s plan to increase deportations by 30% in the coming years! For a world without borders or prisons!

Our fifth stop was at the Federal Training Centre – Multi level. This prison has a wall and two fences around it, so it’s always hard for us to get close and always hard to tell if anyone inside can see or hear us at all. Despite that, we set off fireworks and shouted to folks inside. Our sound system battery had died by this point, so we meant to read out a statement from our imprisoned friend Cedar in Ontario, but didn’t have the lung power to do it with no sound system. Solidarity to Cedar and everyone else who has to spend this holiday behind bars! We’re thinking of you all and fighting to make it so no one ever has to spend New Years inside!

Finally, we walked back up the road to pass the Federal Training Centre Minimum one last time and say our goodbyes. On this second trip by the prison, a few people had come out of the buildings to stand in the yard despite the cold and they waved and yelled to us from across the fence and line of cops. A hearty fuck you to the cops who insist on standing between us. Some folks in the crowd sang the Helicopter Song and tried to teach everyone some new lyrics to Ke$ha’s We R Who We R. We set off the last of our fireworks and headed to the buses.

This New Years Eve Noise Demo tradition feels super important to us! Thanks to everyone who came out, we were thrilled with the number of people that showed up this year. Solidarity to folks inside fighting the system from in there!

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Manif de bruit du nouvel an

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🎆 Manif de bruit du nouvel an 🎆
Le dimanche 31 décembre 2018 à 16h30
Metro Henri-Bourrassa, coin Lajeunesse et Henri-Bourrassa

À bas les prisons! À bas le colonialisme! À bas les frontières!

Rejoignez-nous en ce réveillon du Nouvel An pour envoyer des messages forts
de solidarité à celleux qui passeront le temps des fêtes derrière les
barreaux, de façon à célébrer les résistances actuelles des détenuEs et
renouveler notre engagement à lutter pour un monde sans prisons!

✘ Venez nous rejoindre le 31 décembre 2017 à 16h30 au Métro Henri-Bourassa;
au coin de Lajeunesse et du boulevard Henri-Bourassa.
✘ Nous prendrons un autobus pour aller aux prisons de Laval.
✘ *Habillez-vous chaudement*; apportez quelque chose pour faire du bruit,
des sifflets, des pots et casseroles, tambours, bannières, feux d’artifice.

Il y aura un véhicule de soutien pour celleux qui voudraient un transport
pendant la manifestation. Nous aurons des vêtements chauds, des collations
et des gens pour vous accompagner à une station de bus si vous devez partir
tôt. Pour des questions en ce qui concerne l’accessibilité ou n’importe
quel autre questionnement, vous pouvez nous écrire au: nyecontreprisons[@]
riseup.net

Nous luttons contre les prisons et pour la libération des prisonnier.es
parce que les centres de détention sont une pierre angulaire des systèmes
qui nous oppriment et menacent les personnes qui nous sont chères. Les
prisons détruisent les communautés et enferment nos proches. Les prisons
sont une partie cruciale du fonctionnement quotidien du système
colonialiste canadien. La menace de la prison est utilisée pour confiner
les gens aux couches d’oppression qui structurent leurs vies. Les personnes
autochtones, les personnes racisées et les pauvres sont particulièrement
ciblées par les systèmes qui mènent à l’emprisonnement. Les femmes
autochtones sont sur-représentées en prison et continuent à y être
confinées à des taux de plus en plus élevés. Les prisons sont utilisées
pour confiner les personnes migrantes menacées d’expulsion. De cette façon,
les prisons renforcent les frontières étatiques et les systèmes d’inégalité
mondiaux.

Ceci est pourquoi nous luttons contre la détention d’immigrant.es et les
frontières! Cette année, nous nous battons dans un contexte où l’Agence des
services frontaliers du Canada a commencé la construction d’un nouveau
centre de détention d’immigration à Laval. Ce nouveau centre augmentera la
capacité de l’ASFC à emprisonner et expulser les personnes migrantes et va
de pair avec le plan du Canada à augmenter les expulsions de 25% à 30% au
cours de la prochaine année. C’est pour cette raison qu’on lutte également
contre les groupes de l’extrême droite et les groupes fascistes qui
continuent à mobiliser pour des frontières fermées, les expulsions et
d’autre politiques anti-immigrants.

Nous luttons chaque année nous souvenant des gens.es que l’AFSC a arraché.es et continue d’arracher à nos communautés. Nous nous sommes battu.es au côté de Lucy Francineth Granados, une mère monoparentale et organisatrice communautaire basée à «Montréal». Dans une riposte de notre communauté face aux exclusions violentes organisées par le système d’immigration du Canada, une cinquantaine de personnes se sont réunies à 3h du matin le jour prévu de son expulsion afin de bloquer le
Centre de détention pour migrant.es de Laval. Armé.es de bannières, de
ballons, de fleurs, de musique et d’amour, illes ont enchaîné les clôtures
et barré les chemins. Bien que Lucie ait été déportée au matin du 13 avril
2018, la lutte pour la ramener parmi nous continue.

Autant vive est notre rage face à l’existence des prisons, autant vif est
notre désir de célébrer la résistance des détenu.es ayant eu lieu au cours de la dernière année. En juin 2018, les détenus du Centre correctionnel de Baffin ont déclenché une
émeute qui dura 6h et causa des dommages considérables à la prison. Depuis
des années, cette prison, située à Iqaluit, a été critiquée dans les médias
pour ses conditions épouvantables et a été le siège en 2017 d’une émeute
dans laquelle les détenus protestaient un manque de programmes, ainsi qu’un
manque d’accès aux soins de santé. En août 2018, une grève de prisonnièr.es
a été organisée au États-Unis. Les détenu.es ont construit une liste de revendications, une de celle-ci étant l’abolition de l’esclavagisme carcéral. Des actions de solidarité ont éclatées aux quatres coins du continent. Au Canada, les
personnes incarcérées à Dartmouth en Nouvelle-Écosse ont créé leur propre
liste de demandes. Certains prisonniers du système fédéral canadien ont
publié une lettre de solidarité concernant la grève. En septembre 2018, des
migrant.es étant détenu.es à la prison provinciale de Lindsay en Ontario ont fait une grève de la faim. Cette action était une riposte face au nouveau *Cadre national en matière de détention liée à l’immigration *implanté par le gouvernement, celui-ci
incluant un plan d’implantation d’alternatives à la détention, un nouveau
programme de reconnaissance vocal en Ontario, ainsi que d’autres formes de
surveillance électronique. Leur communiqué de presse statue clairement que
: «La meilleure alternative à la détention est de relâcher les gens dans la
communauté, là où ils [sic] pourront se réintégrer à la société sans une
surveillance intrusive.» Le gouvernement a refusé de rencontrer les
personnes ayant initié cette grève.

Les prisons ont été créées afin d’isoler certaines personnes de leurs
commuautés. Les manifs de bruit devant les prisons forment une manière
concrète de se battre contre la répression et l’isolement qu’elle engendre.
Nous voulons envoyer un message de solidarité aux personnes incarcérées, et
leur souhaiter une joyeuse nouvelle année – quoiqu’un nouvel an réellement
joyeux serait un nouvel an sans prisons et sans les systèmes d’oppressions
qui le nécessitent!

New Years Eve Noise Demo

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🎆New Years Eve Noise Demo🎆
Sunday December 31, 20178 at 4:30pm
Metro Henri-Bourrassa, corner of Lajeunesse and Henri-Bourrassa

Down with prisons! Down with colonialism! Down with borders!

Join us this New Year’s Eve to send loud messages of solidarity to those
spending the holidays behind bars, as we celebrate ongoing prisoner
resistance and renew our commitment to fighting for a world without prisons!

✘ Come join us on *December 31, 2018 at 4:30pm* at *Metro Henri-Bourassa* on
the corner of Lajeunesse and Boulevard Henri-Bourassa.
✘ We will be taking buses out to the prisons in Laval. There will be enough
space for everyone on the buses and we encourage you to drive out with us.
If you want to come with your own car, please come to the meeting spot at
4:30pm to get directions, or write us at: nyecontreprisons[@]riseup.net
✘ Dress warm (choose wool and fleece over cotton); bring something to make
some noise, whistles, pots and pans, drums, banners, fireworks.

There will be a support vehicle for those who would like a ride during the
demo. We will have extra warm clothes, snacks, and folks to walk with you
to a bus station if you have to leave early. For questions regarding
accessibility or anything else, email: nyecontreprisons[@]riseup.net

We fight against prisons because prisons are a cornerstone of the systems
that oppress us and threaten those we love and care about. Prisons destroy
communities. They lock up our loved ones. Prisons are a crucial part of the
everyday arrangements of the colonial-capitalist settler state and society. The
threat of prison is used to confine, control, and isolate people. Prisons
perpetuate systemic injustice. Indigenous people, people of colour, and
poor people are consistently targeted for imprisonment. Indigenous
women continue to be sent to prison at ever increasing rates. Prisons are used to confine
migrants facing deportation. For that reason, they work to reinforce state
borders and global systems of inequality.

That’s why we fight against immigration detention and borders as well! This
year, we struggle in a context where the Canadian Border Services Agency
has begun construction on a new immigration detention center in Laval. The
new center will expand the CBSA’s capacity for imprisoning and deporting
migrants and goes hand-in-hand with Canada’s plan to increase deportations
by 25% to 30% over the coming year. This is why we also resist far-right
groups and fascists who continue to mobilize for closed borders,
deportations, and other anti-immigrant policies.

We fight this year and every year remembering the people that CBSA ripped
from our communities. We fought alongside Lucy Francineth Granados, a
single mother and Montreal-based community organizer. In an assertion of
community over the violent exclusions made real every day by Canada’s
immigration system, around 50 people gathered to block the Laval
Immigration Detention Center as of 3am the day of her scheduled removal.
Armed with banners, balloons, flowers, music, and love, they chained the
gates and barred the exits. Although Lucy was deported on the morning of
April 13th 2018, the struggle to bring her back continues.

While we get enraged about the existence of prisons, let’s also celebrate
prisoner resistance that’s taken place this past year. In June 2018,
prisoners in the Eastern Arctic Baffin Correctional Center rioted for six
hours causing extensive damage to the facility. For years, the Iqaluit
prison has been criticized in the media for its appalling conditions and
was the site of a riot in 2017 that prisoners say was to protest the lack
of programming and lack of access to health care. In August 2018, there was
a prison strike organized across the United States. Prisoners had a list of
demands, one of them demanding the end of prison slave labour. Solidarity
actions rippled across the continent. In Canada, prisoners in Burnside,
Nova Scotia generated their own list of demands and prisoners in the
federal prison system wrote a solidarity statement. In September 2018,
migrants being held in a provincial prison in Lindsay, Ontario went on a
hunger strike against the government’s new National Immigration Detention
Framework, which includes a plan to implement alternatives to detention,
including a new voice recognition program in Ontario and other forms of
electronic monitoring. Their press release pointed out the reality that
“the best alternative to detention is to release people back into their
community, where they can re-integrate without intrusive monitoring.” The
government refused to meet with them.

Prisons were created to isolate people from their communities. Noise
demonstrations at prisons are a concrete way to fight against repression
and isolation. We want to extend a message of solidarity to folks inside
and wish them a happy new year- although a truly happy new year would be
one without prisons and the world that needs them!

Deaths at the Federal Training Center (Laval) in October 2017

During October 2017, there were 3 deaths at the Federal Training Center, a federal prison, in Laval, Quebec. At least 2 of these deaths would have been preventable with access to proper medical treatment. This article, which is collectively written by people both inside and outside of prison, serves two purposes. The first is to remember these individuals. The second is to contextualize their deaths within the broader issue of inadequate access to care within prisons.

André, an older man who had been diagnosed with cancer and was living with an ostomy bag due to his condition. André was just weeks from release from the prison, but died inside from his cancer. André’s case is not unique – it represents the classic indifference towards suffering that is created by policies within the prison system.

Abdul Ulla, was a 27 year old prisoner suffering from renal failure and life threatening diabetes. His advanced state of malnutrition was so severe that he represented a skeleton; weighing approximately 90 lbs. His medical issues placed him at the infirmary three times a day for dialysis. After a disagreement with medical staff around him accessing timely care, CSC staff – instead of acknowledging his medical needs as pressing – took the disagreement personally. He was placed in solitary confinement. He was treated as a prisoner before he was treated as a person. Abdul was later found in a diabetic coma. He died after failed resuscitation attempts by prison staff. The severity of his medical issues should have prevented him from ever being placed in solitary confinement. Abdul should have been receiving adequate care. Instead, he too died alone, before the age of 30.

Tasha, a transgender woman serving a life sentence, had complained of severe respiratory pain for weeks. She was continuously refused access to adequate care. Had she been outside of the prison, any number of resources would have been available to her, including the ability to seek a second medical opinion and gain access to the correct course of treatment. Her health concerns were not taken seriously until it was too late. Tasha died alone in her cell after more than 30 years in prison. After such an extended sentence, she had little connection to an outside community. All prisoners are required to keep $80.00 in their savings accounts to pay for death related costs, especially in the instance that there should be no family or outside support to claim the body. Tasha was no different. She was buried in a body bag, on prison property. Her grave includes no indication or marker, besides a number. The brutal anonymity of Tasha’s death is undeniable but it is not an isolated incident.

Deaths in prison are not only in the hands of correctional staff. The prison industrial complex implicates us all – those in prison, and those on the outside. No matter how distant the prisoners and the prison system may feel, our existence in a society relying on prisons holds us all accountable.

Against Prisons, Against Borders: A Keynote Event with El Jones

Thursday November 15, 2018
6:30pm-8:30pm
CEDA
2515 rue Delisle
Metro Lionel Groulx
Facebook: https://www.facebook.com/events/493957961084880/

Join us for a keynote talk highlighting the intersection of abolition
struggles against prisons and borders!

Drawing on her recent work surrounding the Abdul Abdi deportation case and
the Burnside prison strikes, El Jones will explore the links between prison
abolition and anti-deportation work. El Jones is a poet, educator,
journalist and advocate. She was the fifth Poet Laureate of Halifax, and
currently holds the 15th Nancy’s Chair in Women’s Studies at Mount Saint
Vincent University. El is a co-founder of the Black Power Hour, a radio
show developed collectively with prisoners. Her advocacy and work fights
anti-Black racism in Canada, walking in the path of our great-grandmothers
who resisted relentlessly.

The talk will be introduced by Shanice Nicole, a Black feminist educator,
facilitator, writer, and (out)spoken word artist. Her work intimately
explores experiences of race, health, sexuality, oppression, and freedom.
Shanice Nicole is passionate about building community, connecting people
with resources, and creating shared learning spaces. She believes that
everyone has the inherent power to make change and the words of her
favourite poet Maya Angelou always resonate deeply, “Do the best you can
until you know better. Then when you know better, do better.”

This event is taking place as part of Culture Shock 2018. More information
is available here: https://www.facebook.com/events/610916882645067/

▼▲▼▲ ACCESSIBILITY INFO ▼▲▼▲

Childcare:
Childcare will be provided at this event.

Language:
Whisper translation will be available at this event.

La traduction chuchotée de l’anglais vers le français sera disponible.

ASL Interpretation will be available with 72-hour notice.

Physical Accessibility:
CEDA is a community education centre and the building is structured similar
to a school – the main entrance (2515 rue Delisle) is located in Parc Vinet
and connects to a large hallway where the bathroom and water fountain are
located. There are two steps that are approximately 20 cm tall outside the
doors and 9 steps that are 17 cm tall inside this entry way with railings
on either side. This hallway connects to the auditorium through two sets of
double doors – watch your step, there are two steps down (15 cm each) just
inside these doors (which open out into the hallway) with railing on either
side.

There is step-free entrance, located via the parking lot at 2520 rue
Lionel-Groulx – 1.5 flat blocks directly from the Lionel-Groulx metro
station, which has an elevator from all metro platforms up to the street
level. This entrance is via a ramp at a 6:7 gradient. The ramp is 90 cm
wide and 18 meters long with one turn on the ramp.

There is an additional ramp inside the building to get from the entrance
into the auditorium, where our event will be taking place. The gradient of
this ramp is 11:1, it is 118 cm wide and 2.5 metres long. There is one
accessible stall in the bathroom, the door to this stall opens out and is
81 cm wide. There is a horizontal grab bar in this stall and 91 cm of space
next to the toilet.

For a full access audit of the space, please see here:
https://drive.google.com/file/d/0ByH4O5BTV-MnR1hsUmJwNmNUMjQ/view?fbclid=IwAR0kHt1fPKDVynOqH7XQGtv-_lX58SftXY9gGzgY2t18wl7HQLqpJalfiUY

Scent free spaces:
All events are scent free. This means that all attendees should refrain
from using any scented products prior to the event or bringing them to the
event, including (but not limited to) perfume, cologne, shampoo,
conditioner, soap, hairspray, or lotion. This scent-free policy is put in
place to minimize risk for people with environmental sensitivities. For
more information on this policy:
http://www.ccohs.ca/oshanswers/hsprograms/scent_free.html

If you have other questions or concerns related to accessibility, please
don’t hesitate to get in touch at 514 398 7432, info@qpirgmcgill.org, or
send us a message on facebook.

Un appel aux actions autonomes contre la Conférence de l’Association internationale des établissements correctionnels et pénitentiaires à Montréal

Du 21 au 26 Octobre, Montréal accueillera la conférence de l’Association ICPA et c’est le Service correctionnel du Canada (SCC) qui sera l’organisation hôte. Le thème de cette année s’intitule  “Au delà des prisons: les voies à suivre”. Parmi les sujets abordés figurent les conversations suivantes: faire en sorte que l’emprisonnement et la surveillance dans la communauté soient à la fois plus humains et plus efficaces, l’utilisation de la technologie pour humaniser les services correctionnels et améliorer l’engagement de la communauté. La conférence s’adresse aux membres du personnel pénitencier et correctionnel en leur proposant une programmation décousue comprenant des recherches académiques, des présentations et des visites guidées dans les prisons, afin de renforcer l’idée selon laquelle les prisons peuvent être humaines et leurs professions autre chose que déplorables.
Dimanche le 21 octobre à 15h00—exactement deux mois après le début de la grève des prisonnier.e.s de 2018—il y aura un rassemblement contre toutes les prisons devant la conférence d’ICPA à l’hôtel Marriott Château Champlain de Montréal, 1050 rue de la Gauchetière Ouest (métro Bonaventure). Amenez des bannières, des pancartes et des objets pour faire du bruit!

La conférence aura lieu à l’hôtel Marriott à Montréal à 1050 rue de la Gauchetière Ouest. Le Service Correctionnel du Canada (SCC) est l’organisation hôte de cette conférence et les participant.e.s incluent, entre autre, des administrateurs.trices de prison d’Australie, d’Irlande et des États Unis. Aussi, parmi les invités figurent des entreprises qui font affaire avec des prisons que ce soit en fabriquant des menottes électroniques ou en préparant la nourriture malsaine qui est servie en prison. La conférence va aussi inclure des “visites aux institutions” à une maison de transition à Saint-Henri, deux prisons fédérales à Laval et la prison provinciale à Rivières des Prairies. (Pour plus de renseignements sur la conférence: icpa.ca/montreal2018/)

Contre toutes les prisons, même les “moins pires”.
La seule voie à suivre est d’en finir avec la prison!

De nombreuses raisons existent pour s’opposer à cette conférence, mais nous avons choisi  de souligner les points suivants:

Sous prétexte de créer des conditions de détention plus “humaines” pour les migrant.e.s, le gouvernement à alloué d’énormes budgets à l’AFSC (Agence des services frontaliers du Canada) afin de développer de nouvelles mesures de contrôle créatives spécifiques aux migrant.e.s. Les travaux ont été entrepris dans l’objectif de construire une nouvelle prison soi-disant “plus humaine” pour migrant.e.s à Laval. Cette prison “à la pointe de la technologie” qui s’installerait sur un terrain appartenant au Service correctionnel du Canada, est destinée à remplacer la prison pour migrant.e.s actuelle située à proximité et à “ressembler moins à une prison”. Cependant, dans le contexte actuel de la montée du fascisme et du sentiment anti-migrant au Québec, et au Canada plus généralement, il semble très plausible que le nombre de places disponibles dans les centres de détentions soit doublé dans les années à venir, si par exemple,  la prison actuelle restait ouverte et que la nouvelle était construite avec succès. Quoi qu’il en soit, une nouvelle prison pour migrant.e.s “plus humaine”, ou des “alternatives à la détention” telles que les bracelets de surveillance ou l’équivalent d’agents de libération conditionnelle pour migrant.e.s que le gouvernement propose, ne doivent pas être célébrées sous prétexte qu’elles ressemblent moins à des prisons traditionnelles. Toutes ces mesures ont le même objectif: accroître les capacités de l’ASFC de renforcer les politiques d’immigration en vue d’emprisonner et de déporter des migrant.e.s et d’arracher des personnes à leurs familles et à leurs communautés. Pour plus d’information: stopponslaprison.info

Alors que les responsables des services correctionnels se réunissent pour discuter de la manière dont la technologie peut rendre les prisons “plus humaines”, nous pensons aux nouveaux protocoles en vigueur dans les prisons de Pennsylvanie, qui utilisent la technologie pour stériliser les communications et empêcher les personnes d’envoyer des livres et du courrier postal à des personnes se trouvant à l’intérieur. Pour plus d’informations: booksthroughbars.org/takeaction/

Alors que le Service Correctionnel du Canada est l’organisation hôte de cette conférence, nous pensons aux critiques récentes contre l’isolement cellulaire et aux évaluations des risques psychologiques des prisonnières et prisonniers autochtones. Nous pensons au rôle des pénitenciers canadiens depuis des siècles dans l’emprisonnement des peuples autochtones qui résistent à la colonisation. Nous pensons aux premières prisons qui enfermaient des Noir.e.s résistant à l’esclavage, et qui continuent de les emprisonner à des taux surélevés aujourd’hui. Nous pensons à tou.t.es ceux et celles qui sont mort.e.s en prison et qui continuent de mourir et à ceux et celles qui résistent dans les prisons du monde entier.

Nous sommes inspiré.e.s par la récente grève des prisonnier.e.s dans de nombreux pénitenciers aux États-Unis et au Canada, qui a attiré l’attention sur leurs conditions de vie terribles, mais a aussi mis en lumière les fondements du système carcéral dans l’esclavage et le colonialisme. La mort d’un homme incarcéré en détention provisoire à la prison de Burnside à Halifax, juste après la grève, nous rappelle les ravages de l’emprisonnement sous quelque forme que ce soit. La force de la résistance à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des murs des prisons pendant la grêve, nous incite à nous opposer à ce que l’ICPA présente l’emprisonnement comme normal et acceptable. Nous dénonçons la tentative de blanchiment de la réalité de l’emprisonnement et appelons à l’opposition à cette conférence.